Le kunaï émoussé
Azûru, Jôheki no Kuni - édition printemps 202 n°2
Premiers sacrifices de l'année à Kaze no Kuni

L'un des évènements les plus importants du pays arrive

Tandis que la plupart des nations font exécuter leurs criminels dans le plus grand secret, ou de la plus simple des façons, certains le font religieusement. A Kaze no Kuni, c'est une tradition ancestrale qui ne risque pas de disparaître de sitôt.

C’est donc à Taiyô – capitale du pays – qu’auront lieu, comme chaque printemps, les premiers sacrifices faits en l’honneur du Dieu du Désert, divinité vénérée depuis toujours par le Premier Cercle et le peuple Kazejin. Cette première cérémonie du genre de l’année sera l’occasion d’avoir, comme toujours, de nombreux visiteurs et dignitaires étrangers qui en profiteront pour négocier des contrats avec la nation qui, malgré la fin de la guerre civile de Hi no Kuni, reste la plus fortunée du Grand Continent.[...] celle qui fut surnommée Kâtenshêdo, bientôt remise par les autorités de Kaminari no Kuni et de Kumogakure no Satô [...]

D’après nos informations, outre la présence habituelle de l'Impératrice Shima, les principales personnalités exécutées et offertes en sacrifice seraient au nombre de cinq ce printemps. Parmi elles, celle qui fut surnommée Kâtenshêdo, bientôt remise par les autorités de Kaminari no Kuni et de Kumogakure no Satô, connue pour être l’une des pires criminelles de la nation, notamment pour sa collaboration avec le Soshikidan.
Kaze no Kuni : derrière les croyances

Chronique historique

Quoi de mieux que les premiers sacrifices annuels de Kaze no Kuni pour parler de l’histoire de ce pays ô combien riche et controversée ? Le Pays du Vent a toujours été extrêmement religieux, vénérant le Dieu du Désert, et a toujours pratiqué l’esclavage, motivé bien souvent par des questions spirituelles. Si cette pratique continue de choquer certains représentants d’autres pays, l’absence totale d’emprisonnement, remplacée par cet esclavage de masse chez les Kazejins, fut globalement perçue comme une différence de culture.

Il faudra attendre le tout début des années 40 pour que le pays connaisse sa première crise… naturelle. En effet, une immense tempête de sable rasa la majorité du pays, et causa d’innombrables victimes. Parmi les grandes familles nationales, les Asaara et leur Sunaton – la maîtrise ninja du sable – furent directement accusés et condamnés à l’esclavage après que certains de leurs représentants aient avoué leur pêchés. Certaines parties du clan réussirent à s’enfuir pour le reste du Grand Continent et même les grands océans.

La Grande Tempête marqua également la naissance du Premier Cercle tel que nous le connaissons aujourd’hui. Encore plus religieux qu’avant, le Pays du Vent tomba rapidement entre les mains de ce mouvement ayant souvent placé en élite les Meikyû. Surnommés « les Prêtres Rouges » les membres du Premier Cercle dirigent depuis lors la nation qui, après le conflit interne de Hi no Kuni, alla jusqu’à devenir la plus riche de tout le Grand Continent. Et avec cette puissance financière et religieuse, aucune autre nation n’a envie de se mêler de leur politique interne. Et quelque-part, on les comprend.

L'un des rares dessins illustrant la capitale Taiyô.
Ame no Kuni : une décadence ignorée

Le pays, pourtant voisin de trois des plus grandes puissances du continent, est à la dérive

Autrefois, Hi no Kuni était le pays le plus craint. Pour cause, la guerre civile qui frappait son peuple depuis des années. Mais depuis que le Soshikidan – mouvement Nukenin libérateur aux méthodes controversées – a placé Nara Alderan en Seigneur, le Pays du Feu retrouve un semblant de normalité et avance lentement. Ce n’est pas le cas de son voisin, Ame no Kuni.

En effet, le Pays de la Pluie fait face à des chiffres alarmants. Selon nos sources, il y aurait plus de deux actes criminels à déplorer dans cette petite nation chaque jour. Et la situation ne ferait que s’aggraver, en témoignent les quelques Amejins que nous avons pu contacter par faucons messagers. Ceux qui tentent de fuir le pays sont de plus nombreux, mais se divisent lorsqu’il s’agit de rejeter la faute sur cette grave situation.

Et il est vrai qu’il est difficile de savoir qui sont les plus responsables. Le plus évident serait bien entendu d’accabler les criminels et Nukenins eux-mêmes, qui sont de plus en plus nombreux à voir dans le Pays de la Pluie une terre de non-droit. Mais comment écarter les autorités d’un pays qui n’a fait que sombrer depuis quelques années, et qui a laissé la plupart de ses villes devenir des ghettos où une journée sans meurtre est devenue aussi rare qu’un jour sans pluie ?
Kumo capitale : les risques

Chronique politique Naredla Rei

C’est en passe d’être officiel : Kumogakure no Satô devrait prochainement devenir la capitale de Kaminari no Kuni. Si cela se confirmait, le Pays de la Foudre serait le premier pays à faire d’une institution et cité ninja sa capitale. Mais comme toute première fois historique, il y a des risques.

S’il est impossible de dissocier shinobis et civils, qui peuvent parfaitement cohabiter dans un monde qui l’a prouvé depuis plus de deux-cents ans, certains spécialistes ont toujours souligné l’importance de la séparation de pouvoirs. Par définition, un shinobi est plus fort qu’un civil, de par sa constitution et sa maîtrise du chakra. Qu’ils soient le bras armé des Seigneurs et des pouvoirs en place n’a rien d’illogique. Néanmoins, que pourrait-il se passer de les voir devenir juges et bourreaux ?

Puisqu’il y aura toujours une majorité de civils sur le Grand Continent, il faudra toujours que le monde compose avec ceux qui le peuplent. Et ainsi, on peut craindre qu’attribuer trop de pouvoirs aux shinobis – qu’importe leur bienveillance – ne fasse disparaître toute considération et pensée pour les peuples. Car rien de mieux que de composer avec ceux que l’on veut défendre et vivre en harmonie pour les comprendre, et établir nos lois ainsi que nos rôles.